poulet bio fermier

Poulet bio, poulet fermier

Franceline et Xavier Labuzan-Coutant ont lancé Poul’Ô Bio il y a cinq ans. Ils produisent de délicieuses volailles à chair ferme et au goût fleuri.

Si l’on se fie au bon goût des rapaces qui planent dans l’air de Noaillac, dans le sud de la Gironde, les volailles de Franceline et Xavier Labuzan-Coutant valent le détour. De temps en temps, ils fondent en effet sur quelques poulets ou jeunes pintades parmi ceux et celles qui s’ébattent en liberté sur cette exploitation 100% bio, reprise il y a cinq ans après une décennie de jachère.

Revendication « bio »

Les visites de busards font partie de l’équilibre de la nature et sont admises par le couple que forment ces deux trentenaires, devenus agriculteurs par désir, car ayant goûté au préalable à d’autres activités : titulaire d’une Maîtrise, Franceline a été Archéologue, mais elle a aussi oeuvré dans la « restauration événementielle » ; tandis que Xavier était spécialisé dans la maintenance industrielle. Mais, l’atavisme a pris le dessus : fille et petite-fille de viticulteurs bio, Franceline a choisi de poursuivre à sa manière une aventure familiale entamée il y a six décennies à Landiras.

Il y a cinq ans, donc, le couple s’installe non loin de La Réole, à l’enseigne de Poul’Ô Bio, sur une exploitation où l’on ne récoltait plus que du foin.  La revendication « bio » étant une évidence pour eux, les deux éleveurs ne s’en sont pas tenus au minimum du cahier des charges. C’est ainsi que leurs volatiles à rôtir sont abattus à 100 jours, au moins, mais souvent à 110, voire 120 quand le seuil imposé est de 84 jours. Quant à la nourriture, elle est évidemment choisie sans concession. Les blés et maïs que dégustent les poussins une fois devenus grands, sont fournis par deux agriculteurs bios voisins. Les volailles ne sont pas vaccinées non plus. Les seuls traitements auxquels elles ont droit sont préventifs et ne relèvent que de la phytothérapie, de l’aromathérapie ou de l’homéopathie.


Parfums de terroir

Franceline et Xavier produisent à la fois des oeufs grâce à leur petit millier de pondeuses, (des Lohmann Brown, qui disposent de 7000 mètres carrés pour s’ébattre) et des volailles à rôtir. Ces derniers poulets sont quant à eux de deux races différentes. « Ce, afin d’apporter un peu de diversité contrairement aux élevages standards qui ne proposent qu’une seule souche » précise Franceline. Place donc aux « cous nus label » et « cous pleins colorés ». Les premiers se distinguent par la couleur plus jaune de leur chair, les seconds se singularisent par leur plus forte corpulence. Mais, à l’heure de la dégustation, les deux offrent une agréable fermeté, laquelle est la conséquence de leur maturité. Par rapport aux volailles ordinaires, dont la nourriture est souvent complétée par des exhausteurs de fumet, elles se singularisent aussi, souligne l’avicultrice par « un goût un peu fleuri« . Celui-ci tient au fait que les volatiles de Poul’Ô Bio portent dans leur chair des parfums de terroir, en l’occurrence, celui des prairies du Sud-Gironde dans lequel ils s’ébattent.

Ces volailles ne sont donc par ordinaires. Pour les cuisiner, les préposé(e)s à la cuisson devront prendre leur temps. « Il faut y aller lentement, car la chair a tendance à se rétracter à forte chaleur » conseille Franceline. « Pour un poulet d’un kilo et demi, compter une heure et quart à four moyen, soit dans les 160-170° »… La récompense de cette patience, ce sera donc la dégustation de ces poulets authentiquement fermiers dont la quasi totalité des consommateurs ignorent la texture et le goût. C’est à ce moment de l’histoire que les busards sont avantagés : quand ils décident de s’attabler, ces gourmets de volaille fraîche n’ont pas besoin de cuisson pour se régaler !

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