Supercoop : le slow-discount, ça marche ?

Supercoop : le slow-discount, ça marche ? (par Marie Bové)

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600 habitants de Bordeaux-métropole réunis dans l’association « Les Amis de Supercoop » ont décidé d’ouvrir leur propre Super Marché, en approvisionnant les rayons, en tenant la caisse, en passant la serpillère… tout en poussant leur caddie. « Manger mieux en consommant autrement », voilà une bonne vieille idée qui fleure bon les années 70 et les cercles écolos contre l’empire du gaspillage alimentaire. Intox ou Détox ? 

Quoi de plus beau que des adeptes des voyages low-cost qui expient leurs pêchés consuméristes en gratifiant le travail du paysan…

Ça vous défrise ? Supercoop n’est pas une secte dans laquelle les membres sont introduits via un lavage de cerveau, un programme de rééducation et un engagement sacrificiel. Toute personne peut adhérer (de 5 à 20 euros) d’où qu’elle vienne et quelle que soit son histoire ou son activité.  Et c’est avec modestie que cette association, aidée de l’Europe et du Conseil Régional, tente de « redonner du sens à la consommation » dans le laboratoire de l’économie locale. Quant au pauv’ paysan, il ne réclame aucune médaille pour les fruits de son travail… le prix juste pour vivre dignement, c’est la priorité..

Quoi de plus altruiste que des bobos qui s’habillent vintage sur des vide-greniers et qui jouent à la marchande en piquant le travail de la voisine…

Raté ! Supercoop espère atteindre 1200 membres rapidement pour créer les cinq premiers emplois à temps plein : gestion financière, RH, achats… Tout est question d’équilibre entre les charges de la structure et les marges réalisées. Ici, le choix est celui de réduire au maximum l’un et l’autre des plateaux de la balance budgétaire pour que ce Super Marché soit accessible aux ménages modestes. Côté bénévolat, une coopérative des consommateurs valorise la participation 3h/mois par membre en offrant 20% à 40% de réduction sur les prix des produits en vente.

Quoi de plus louable que des p’tites familles réunies pour choisir soigneusement chaque denrée selon ses caractéristiques nutritives avant d’aller au McDo du coin…

Peut-être et peut-être pas. Les habitudes évoluent lentement dans une société où la bouffe est tout aussi standardisée que sujette au matraquage publicitaire. Etre en lien avec les producteurs et sélectionner 3000 produits de référence, c’est déjà un pas de géant vers une consommation socialement responsable, respectueuse de l’environnement et économiquement viable. Anne Monloubou, fondatrice de Supercoop, ajoute : « on est dans le Sud-Ouest ; on a la chance de bénéficier d’une très large palette de bons produits ». En effet, Supercoop s’engage à vendre un maximum d’aliments régionaux, en privilégiant l’absence d’intermédiaire et en garantissant la transparence sur les prix. A 17% de marge brute, on est loin des 27% bien connus.

Les idées reçues et les contractions sont nombreuses : tant mieux ! Cela a le mérite de poser la question de la responsabilité individuelle pour élaborer des solutions collaboratives.

Marie Bové pour Nouvelles-Enr

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